Le Devoir
Cahier culture, samedi 5 mars 2005
Daniel Boum tome 1
Daniel Boum, c'est son nom! On lechaaaaaante! Pour les gens de mon âge, ce Daniel Boum,personnage central de l'opéra-rock dont le créateur Alain Simard- l'auteur-compositeur-interprète, pas l'empereur des festivals - nouslivre aujourd'hui, pour commencer, les principales chansons, faitautomatiquement penser au fameux coureur des bois de la sérietélé américaine des années 60 (Daniel Boone). C'estd'ailleurs voulu, le Daniel Boum de cette histoire-ci étant, je cite,un enfant prodige abandonné en bas âge dans les boisque découvre un jour un certain Bob Boum, sexagénaireafro-américain cueilleur de champignons [...] déserteur lors dela guerre du Vietnam, lequel adopte le bambin.
L'opéra-rock nous narre son destin:après une fatale rencontre avec un certain René Gossier, il estcatapulté vedette de la chanson, mais la gloirepréfabriquée le dégoûte et il finit parretourner dans sa forêt natale. Canevas assez simple, pourne pas dire volontairement simpliste, à partir duquel Alain Simard abrossé un portrait à la fois drôle et férocementironique de notre industrie du disque et du vedettariat à laquébécoise. On y reconnaît sans peine nos incontournables:impossible de ne pas voir Luc Plamondon dans la peau de Luc Voyondon, lecélèbre parolier qui écrit à Daniel Boum sonpremier succès, en duo avec une certaine Angélique (amalgameévident d'Angélil et de Véronique vous savez qui).
Grossière caricature? Quenenni: c'est une sorte d'anti-Starmania à la sauce satirique,et c'est fou comme ça aère. On sent qu'Alain Simard en avait grossur la patate, et son ras-le-bal du showbiz tel que mené chez nous l'abrillamment inspiré. Le plus beau, c'est qu'il n'est pas seul dansl'aventure: l'album permet de découvrir la distribution,composée des Sébastien Plante, Breen Leboeuf, Nigel Stern etMichel Gatignol, de Simard lui-même dans le rôle principal et de...Luce Dufault dans le rôle d'Angélique! Joli pied de nezde la chanteuse, après avoir été la Marie-Jeanne deStarmania.
Et s'il n'y a pas à la premièreécoute de Chanteuse automate ou de Blues du businessman parmi leschansons, on ne s'ennuie pas pour autant. C'est très dansant,très r'n'b, et ça groove en masse. Et le duo DanielBoum-Angélique, ballade plus que pompière intituléeOù serait-on sans l'amour?, nous venge pour tout ce que lesBoom Desjardins et Marie-Élaine Thibert de ce monde nous ontinfligé. En vérité, ce disque est un exutoire, qui faitvraiment du bien par où il décape. Mieux, on peutdorénavant espérer autre chose de l'avenir que la reprise deNotre-Dame de Paris ou le Dracula de Bruno Pelletier.
Sylvain Cormier
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